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Fiche analytique sur BAAC : Bank for Agriculture and Agricultural Cooperatives

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a) Les services de crédit

Portefeuille de crédit

1994/95

1997/98

Nombre d'emprunteurs

3 017 545

3 396 909

Volume de crédits distribués pendant l'année

3 711 millions d'USD

3 132 millions d'USD

Taux d'intérêts nominaux

9 - 13,5 %

9 - 13,5 %

(source : CGAP)

Les agriculteurs empruntent à BAAC, au travers de groupes de caution solidaire. Le nombre minimum est de cinq personnes par groupe, avec une moyenne de 15 membres. Le premier crédit est faible mais les emprunteurs ont par la suite accès à des crédits répétés plus élevés avec un plafond situé à 2 000 USD, pour un crédit moyen d'environ 1 000 USD (fin 1995). Les membres des groupes de solidarité peuvent également prétendre à des crédits individuels supplémentaires, qui peuvent être supérieurs à 2 000 USD, mais qui nécessitent d'avoir deux personnes se portant caution. BAAC pratique des taux d'intérêts différenciés, avec des taux plus élevés sur le court terme pour motiver les clients à emprunter sur le long terme. Certains crédits dont ceux de petites tailles, ont des taux d'intérêts subventionnés par le gouvernement.

Conditions des crédits individuels de BAAC aux agriculteurs, au taux de change de début 1997 (avant crise asiatique) :

 

Court terme

Moyen terme

Long terme

Durées

< à 1 an

< à 3 (5) ans

< à 15 (20) ans

Plafond de crédit

- 585 000 USD avec garanties matérielles

- Groupe de Caution Solidaire pour moins de 2 340 USD (plafond individuel)

- 585 000 USD avec garanties matérielles

- Groupe de Caution Solidaire pour moins de 2 340 USD (plafond individuel)

- 585 000 USD avec garanties matérielles

Taux d'intérêt

- 9 % pour moins de 2 340 USD

-12,25 % pour moins de 39 000 USD

- 14,5 % pour plus de 39 000 USD

- 9 % pour moins de 2 340 USD

-12,25 % pour moins de 39 000 USD

- 14,5 % pour plus de 39 000 USD

- 9 % pour moins de 2 340 USD

-11,25 % pour moins de 39 000 USD

- 13,5 % pour plus de 39 000 USD

(source : BAAC 1996/ 1997)

BAAC doit également mettre en _uvre plusieurs programmes mandatés par le gouvernement : programme de réforme de la terre par le Fonds pour la Terre ; programme de réhabilitation de l'agriculture avec le Ministère de l'Agriculture et de la Coopération ; et le programme Fonds revolving pour le refinancement des anciennes dettes des agriculteurs avec le Secrétaire permanent du Premier Ministre. Chacun de ces programmes suit ses propres procédures et ses propres taux d'intérêts (subventionnés), fixés par le gouvernement. Avec son réseau et son personnel, BAAC est en fait le pivot de la politique agricole du gouvernement. D'après une estimation de la Banque Mondiale, ces programmes représentent 20 % du portefeuille de crédit mais 50 % du temps des employés de BAAC. Un exemple est le programme de Fonds pour la Terre, qui a été initié en mai 1993 quand le gouvernement a créé un fonds spécial à l'intérieur de BAAC. Son objectif principal est de lutter contre la migration urbaine en aidant les agriculteurs à acquérir des terres pour de l'exploitation agricole. Ce fonds a son propre Conseil d'Administration dirigé par le Secrétaire permanent de l'Agriculture qui est aussi le vice-président du Conseil de BAAC. Ce programme gouvernemental est administré par BAAC avec une comptabilité séparée, même s'il est généralement assimilé par le public à un service de BAAC. La banque perçoit une commission versée par le gouvernement pour compenser les coûts engendrés par ce programme. BAAC achète la terre, y installe des infrastructures basiques, dont des petites maisons, puis propose des crédits aux familles pauvres désireuses d'acquérir le lot. Le prix payé par l'agriculteur couvre 60 à 70 % du coût total, le gouvernement subventionnant la différence. Le plafond de ces crédits est de 20 000 USD et l'échéance maximum de 25 ans, avec un différé de remboursement du capital de 5 ans maximum (taux d'intérêt de 5 %). Le Fonds pour la Terre possède sa propre équipe pour superviser l'administration des activités. BAAC s'occupe de la gestion sur le terrain dont l'extension des crédits et la supervision, grâce à son réseaux de branches, et de l'aspect formation, technique et commerciale. Le risque crédit est assumé par le Fonds qui supporte également tous les coûts administratifs. BAAC déclare que ce Fonds couvre les coûts d'exploitation mais ne génère pas de profits. Le coût précis lié à l'administration de ce programme n'est pas précisé.

b) Les services d'épargne

 

Comptes d'épargne 1997/98

Dépôts à terme 1997/98

                      (a)

6 723 521

284 537

- privés

6 665 798

280 630

- institutionnels

57 723

3 907

                      (b)

2 132 millions d'USD

1 192 millions d'USD

- privés

1 421 millions d'USD

501 millions d'USD

- institutionnels

711 millions d'USD

691 millions d'USD

Taux de rémunération nominaux

5 %

10,5 - 12,25 %

(source : CGAP)

BAAC a accompli d'importants efforts dans la mobilisation de l'épargne depuis le milieu des années 1980, son ratio dépôts sur crédits est ainsi passé de 31 % en 1986 à 73 % 10 ans plus tard.

Les dépôts de BAAC ont plusieurs origines dont les dépôts institutionnels. En Thaïlande, le gouvernement doit déposer ses fonds dans les institutions financières d'Etat, et BAAC accueille une large part de ces dépôts malgré la compétition des autres banques d'Etat. Une autre source de dépôt est constituée de fonds des autres banques qui ont des quotas de crédit obligatoires vers l'agriculture et, lorsqu'elles ne remplissent pas ces quotas, doivent verser la somme sous forme de dépôts à BAAC. Mais les fonds de cette origine sont en très nette diminution, puisque les banques commerciales parviennent à mieux atteindre ces quotas grâce à une extension de leur réseau. Par ailleurs, les réglementations du gouvernement obligeant à des quotas de crédits ruraux, ont été assouplies en intégrant les activités non agricoles comme crédits possibles pour les autres banques que BAAC. BAAC collecte également les dépôts du grand public : en 1995 BAAC a notamment introduit un produit d'épargne innovant qui cible particulièrement les faibles revenus. Ce produit a été développé par la division de collecte des dépôts avec l'aide de GTZ, sous le nom d'OSTC. Le montant minimum pour l'ouverture d'un compte d'épargne est de deux USD, et si le taux de rémunération est de 4 %, soit un point en dessous du taux habituel proposé par BAAC, l'épargnant participe à des loteries (deux fois par an) où il peut gagner des biens appréciés en zone rurale. Testé localement, ce produit a connu un succès important pour être finalement proposé à l'échelle nationale. A la fin 1997, deux ans après son démarrage, le nombre d'épargnants a augmenté pour atteindre un million, pour un montant d'épargne de l'ordre de 100 millions d'USD à travers le pays.

BAAC a réussi à toucher un large public d'épargnants, notamment grâce à une bonne utilisation de l'avantage comparatif procuré par son réseau de branches rurales.

c) Les services non financiers

Le personnel de BAAC propose également un soutien logistique à 73 coopératives agricoles commerciales, pour un des programmes du gouvernement dont BAAC doit s'acquitter. Ces activités prennent du temps au personnel et si BAAC perçoit dans certains cas une commission, la plupart du temps il n'y a pas de compensation.

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