Liste des fiches analytiques

Fiche analytique sur BAAC : Bank for Agriculture and Agricultural Cooperatives

Page précédentePage suivante

a) L'environnement général

- Période 1986 - 1997 : la Thaïlande a connu la plus importante croissance économique mondiale sur cette période. Le P.N.B. réel a atteint des taux de croissance annuels de 10 %, alors que le P.N.B réel par habitant faisait plus que doubler sur la période. Ces performances économiques remarquables s'expliquent par des facteurs extérieurs (développement de l'Asie du Sud Est en général) et des facteurs de politique intérieure : gestion prudente de la fiscalité, politiques agressives de promotion des exportations, soutenues par une libéralisation du commerce et une mise en place de programmes d'investissement public dans le capital humain et les infrastructures. Ces politiques ont permis en particulier une relative stabilité des prix.

PIB/hab fin 1996

3 100 USD

Population en 1997

60,8 millions

Part de la population vivant en zone rurale

80 %

Taux de change fin 1996

1 USD=25,610 Bahts

Inflation en 1997

5,6 %

- Depuis 1997 : la Thaïlande n'a pas été épargnée par la crise asiatique, et connaît depuis fin 1997 une crise financière et économique avec des taux de croissance négatifs (baisse d'environ 7 % du PIB pour 1998). La dette étrangère du secteur privé et de fortes pressions spéculatrices ont conduit à une dévaluation de l'ordre de 100 % du Baht. Cette dévaluation est arrivée après une longue période de stabilité de la monnaie et entraîne des tensions inflationnistes (l'inflation est de plus de 8 % pour 1998). Cette crise a fortement affecté les banques commerciales et les compagnies financières.

- L'économie thaïlandaise :

Agriculture

10,6 %

Industrie

37,8 %

Services

51,5 %

La croissance rapide depuis le début des années 1980 a profondément transformé la Thaïlande, qui est passée d'une économie basée sur l'exportation de quelques matières premières agricoles (riz, caoutchouc, teck...) à une économie beaucoup plus extravertie, qui exporte des biens à forte valeur ajoutée. Durant la période, le secteur industriel a augmenté rapidement (au détriment du secteur agricole), entraîné par les taux de croissance des exportations. Bien que l'emploi dans le secteur industriel ait augmenté, on constatait en 1994 que 20 millions de personnes soit 58 % de la population active, étaient encore engagés dans les activités agricoles.

b) L'économie rurale

44,6 % de la surface de la Thaïlande est classée comme surface cultivable. Actuellement 38 % (environ 20 millions d'hectares) des terres du pays sont utilisées pour l'agriculture, dont la moitié sont en rizière. Les principales récoltes effectuées dans le nord du pays concernent le maïs, le manioc, le coton et l'ananas. Dans le sud, la production du caoutchouc et l'exploitation du bois constituent les principales activités.

Durant les dernières années, le secteur agricole a connu des taux de croissance rapides, mais inférieurs à ceux des autres secteurs. Les activités non agricoles représentent une part croissante des revenus dans les zones rurales : de 9 % en 1975, elles sont passées à 42 % des revenus des ménages agricoles en 1994.

La pauvreté dans les zones rurales est en diminution grâce à l'augmentation des revenus agricoles et aux politiques d'investissement public dans les infrastructures rurales. Les principaux bénéficiaires sont les petits et moyens agriculteurs pratiquant l'agriculture de rente, secteur qui représente 50 % du PIB agricole (sucre, ananas, caoutchouc...). L'agriculture familiale (composée essentiellement de producteurs de riz), qui représente les autres 50 % du PIB agricole et la majorité des agriculteurs, a moins bénéficié de la croissance des revenus ruraux. La baisse de la pauvreté rurale s'explique également par la migration vers les villes où l'emploi et les revenus ont augmenté plus rapidement. Ces migrations sont souvent temporaires, selon les rythmes saisonniers agricoles.

Pourcentage de la population thaïlandaise vivant sous le seuil de pauvreté :

1988

1994

29,9 %

14,3 %

(source : CGAP)

c) Le marché financier rural

En plus des banques commerciales privées, le marché financier thaïlandais comprend des compagnies financières, des compagnies de crédit foncier (avec garanties matérielles), des compagnies de gestion de fonds mutuels, des coopératives d'épargne et des compagnies d'assurance. Il existe également des institutions financières spécialisées créées par le gouvernement, avec des missions diverses : Banque du Gouvernement pour l'Epargne ; Banque du Gouvernement pour l'Habitat ; la Corporation de Thaïlande pour le Financement de l'Industrie ; et enfin BAAC, la Banque pour l'Agriculture et les Coopératives Agricoles.

En plus de BAAC il y a 15 banques commerciales privées qui proposent des services financiers en zone rurale. La plupart collectent surtout l'épargne, avec des services de crédit pour les agriculteurs ayant une importante activité commerciale (souvent dans l'exportation) et qui sont capables d'apporter des garanties. L'accès des ménages agricoles aux banques privées concerne essentiellement le dépôt d'épargne, un service que propose aussi la Banque du Gouvernement pour l'Epargne, qui a une vaste couverture géographique. Les compagnies financières ont une petite part du marché rural, alors que les coopératives agricoles proposent également des crédits à leurs membres, généralement avec des fonds obtenus de BAAC. La principale barrière pour les petits agriculteurs vient de leurs titres de propriété précaires. Ces titres, issus de la loi sur la réforme foncière, donnent des droits d'exclusivité aux agriculteurs mais ne leur permettent pas la vente ou l'utilisation comme garantie matérielle des terres : or la terre est le principal actif des petits exploitants agricoles.

Les recours au secteur de la finance informelle se font essentiellement pour des besoins en trésorerie des ménages agricoles, et pour l'achat d'intrants. Les prêteurs professionnels sont en nombre relativement réduit en zone rurale, grâce à une bonne structuration du marché financier rural et au rôle dominant tenu par BAAC. Actuellement, on estime que le secteur informel couvre 20 % de la demande de crédit en zone rurale, alors qu'il en couvrait environ 40 % il y a une dizaine d'année (Banque Mondiale, 1996).

Formel Informel

banques - BAAC - coopératives - bureaux de - commerçants - prêteurs - tontines - amis

privées prêteurs sur gages professionnels et famille

Contexte de la zone d'implantation | Historique du système | La structure et l'organisation du système | Les produits financiers et les services non financiers proposés par le système | Les bénéficiaires du système | Présentation de résultats financiers | Analyse des forces et faiblesses du système financier | Ses perspectives d'évolution

Page précédentePage suivante